Manuel scolaire "révisionniste" au Japon: "indignation" de la Chine

Publié le par Louis Selapa

Le ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué mardi l'ambassadeur du Japon à Pékin pour lui signifier son "indignation" après la réédition d'un manuel scolaire minimisant les brutalités de l'impérialisme nippon pendant la première moitié du 20e siècle en Asie, selon les médias d'Etat. "Le gouvernement chinois exprime son indignation (quant au fait) que le gouvernement japonais n'a pas tenu compte des représentations répétées de la partie chinoise et a approuvé les manuels d'histoire qui prennent le contre-pied des faits", a annoncé la télévision d'Etat citant Qiao Zonghuai, du ministère chinois des Affaires étrangères.

"L'essence du problème du manuel, c'est la question (de savoir) si le gouvernement japonais peut ou non pleinement reconnaître l'invasion de la Chine par le Japon et recourir à la perspective historique correcte dans l'éducation de la jeune génération", a dit M. Qiao à l'ambassadeur Koreshige Anami.

Le responsable chinois a ajouté que ce livre d'histoire visait à "totalement absoudre les militaristes japonais de leurs crimes et de leur responsabilité" et à "embellir l'histoire de l'invasion".

Et il a appelé Tokyo à réviser l'ouvrage.

Le ministère japonais de l'Education a donné mardi son accord à la publication de ce manuel scolaire fustigé non seulement par la Chine, mais aussi par la Corée du Sud.

L'affaire, qui n'en est pas à son premier épisode, vient alourdir un climat diplomatique déjà tendu entre le Japon et ses voisins, à cause notamment de querelles territoriales.

Le livre d'instruction controversé - surtout en dehors du Japon - est l'un des huit manuels d'histoire disponibles pour les collégiens de 13 à 15 ans à partir d'avril 2006.

Il s'agit de la réédition - corrigée - d'un ouvrage paru en 2001 et qui, déjà, avait déclenché de vives protestations de la Chine et des deux Corées.

Au Japon, sitôt disponible dans le commerce, le manuel était devenu une des meilleures ventes dans les librairies.

Mardi également, avant la convocation de l'ambassadeur japonais, Pékin avait exhorté Tokyo à cesser de heurter les sentiments nationaux chinois, à la suite de la réédition de ce livre "révisionniste".

Les autorités chinoises avaient en outre "espéré" que la population allait exprimer son mécontentement de manière "rationnelle", après plusieurs manifestations antijaponaises ces derniers jours à travers la Chine.

Dimanche, quelque 1.500 personnes avaient ainsi protesté à Shenzhen (sud) devant deux grands magasins japonais pour protester contre la demande du Japon en vue d'obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU et appelé à boycotter les produits japonais, selon le journal Wen Wei Po de Hong Kong.

La semaine dernière, près de 30 magasins d'une chaîne de distribution de la ville de Shenyang (nord-est) avaient retiré de leurs rayons une dizaine de marques japonaises, dont les bières Asahi ou les produits de beauté Shiseido.

Ces mesures faisaient suite à des informations parues dans la presse chinoise selon lesquelles ces sociétés soutiendraient le manuel d'histoire "révisionniste", avait de son côté fait savoir l'agence Chine nouvelle.

 

Source : AFP, Wen Wei Po / 香港文匯報, Agence Chine nouvelle / 新华通讯社

Publié dans Nouvelles de Chine

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