La Corée du Nord a tiré un missile à courte portée en mer du Japon

Publié le par Louis Selapa

La Coré du Nord a apparemment tiré dimanche un missile à courte portée en mer du Japon, ont rapporté les médias nippons, sur fonds de rumeurs d'essai nucléaire nord-coréen imminent.Le gouvernement japonais n'a pas confirmé l'information. Le Premier ministre Junichiro Koizumi et son ministre des Affaires étrangères, Nobutaka Machimura, sont absents du Japon pour plusieurs jours.

Selon la chaîne de télévision publique NHK, le missile a été tiré depuis la côte orientale de la Corée du Nord. Il a volé sur une centaine de kilomètres avant de s'abîmer en mer.

D'après l'agence de presse Jiji, le tir a eu lieu dimanche matin à 08H00 (23H00 GMT samedi) et il n'y a eu qu'un seul missile.

Selon l'agence Kyodo, citant des sources gouvernementales, c'est l'armée américaine, dont les forces sont basées au Japon et en Corée du Sud, qui a alerté Tokyo.

"Nous ne discutons pas des questions de renseignements", a commenté une porte-parole de l'armée américaine au Japon.

Un responsable du ministère sud-coréen de la Défense a dit n'avoir aucune information.

Ce n'est pas la première fois que la Corée du Nord lance des missiles à courte portée en mer du Japon, des tirs interprétés comme des avertissements. Le dernier tir (deux missiles) remonte à mars 2003 lors de l'inauguration du président sud-coréen Roh Moo-Hyun.

Plus sérieusement, l'essai réussi par Pyongyang d'un missile à long portée "Taepodong-1" en août 1998 au-dessus du Japon avait suscité de vives inquiétudes à Tokyo et en Asie sur le renforcement des capacités militaires de la dictature communiste nord-coréenne.

La Corée du Nord s'était ensuite engagée à respecter un moratoire sur les essais de missiles à longue portée à la suite d'un sommet historique à Pyongyang entre son No 1 Kim Jong-il et le M. Koizumi en septembre 2002.

Mais en mars dernier, la Corée du Nord a affirmé qu'elle n'était plus liée par ce moratoire.

Depuis 1999, le Japon conduit des recherches avec les Américains sur le développement d'un bouclier antimissile pour se protéger de la menace nord-coréenne.

La Corée du Nord dispose de 600 missiles Scud d'une portée de 300 à 500 km ainsi que 100 missiles à moyenne portée "Rodong-1" d'une portée de 1 300 km, selon Séoul.

Les Etats-Unis assurent que Pyongyang a déjà mis au point des missiles balistiques d'une portée pouvant aller jusqu'à 4 000 km.

Selon le patron de l'Agence du renseignement de Défense, le vice-amiral Lowell Jacoby, la Corée du Nord a désormais la capacité d'équiper ses missiles pouvant atteindre les Etats-Unis d'une tête nucléaire.

Le tir de dimanche survient alors que les pourparlers à six (Chine, Etats-Unis, Japon, Russie et les Corées) visant à régler la crise nucléaire nord-coréenne sont dans l'impasse et gelés depuis un an.

Le président George W. Bush a qualifié cette semaine Kim Jong-il de "tyran" et d'"homme dangereux", des qualificatifs qui ont été très mal reçus à Pyongyang.

"Il y a des questions sur sa capacité de livrer une arme nucléaire. Nous ne savons pas s'il le peut ou non, mais je pense que la meilleure chose, quand on a affaire à un tyran comme Kim Jong-il, est de partir du principe qu'il le peut", a souligné le président Bush.

Autre affaire récente susceptible d'avoir vivement irrité Pyongyang, régime aisément irascible: la commission de discipline de la Fédération internationale (FIFA) a décidé de faire jouer à huis clos et sur terrain neutre la rencontre qualificative pour le Mondial-2006 de football entre la Corée du Nord et le Japon prévue le 8 juin à Pyongyang, à la suite de graves incidents survenus le 30 mars dernier dans la capitale nord-coréenne lors du match opposant le onze national à l'Iran.

Parmi les autres contentieux entre Pyongyang et Tokyo, figurent la candidature japonaise à un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, la controverse sur les manuels d'histoire et le passé colonial du Japon et l'enlèvement de Japonais par des agents nord-coréens pendant la Guerre froide.

Sources : AFP, NHK / NHKオンライン, Kyodo News / 共同通信社

Publié dans Nouvelles de Corée

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