Chine-Taïwan : La diplomatie du panda

Publié le par Louis Selapa

Le gouvernement chinois a offert mardi deux pandas aux "compatriotes de Taïwan", a annoncé l'agence officielle Chine Nouvelle, un geste hautement symbolique et traditionnel de la diplomatie chinoise. Ce don a été fait le jour où le chef de l'opposition taïwanaise, Lien Chan, a quitté le continent après une visite historique de huit jours.

"Pendant des années, les compatriotes du continent voulaient offrir des pandas géants aux compatriotes de Taïwan qui avaient aussi émis le souhait d'avoir des pandas à Taïwan", a expliqué Chen Yunlin, le plus haut responsable politique chinois en charge des relations avec l'île, considérée par Pékin comme une province rebelle.

La Chine a annoncé mardi qu'elle offrait deux pandas géants au peuple de Taïwan ainsi que des concessions sur les importations de fruit et le tourisme dans une série de gestes symboliques et concrets alors que le leader de l'opposition de l'île, Lien Chan, achève une visite historique de huit jours en Chine continentale.

Taïwan a aussitôt réagi à ces cadeaux en annonçant une série de conditions complexes pour accepter ces animaux protégés, soulignant la prudence du gouvernement insulaire à l'égard de la diplomatie chinoise.

Lien Chan, le président du Parti nationaliste (Kuomintang), a quitté Shanghaï pour regagner Taïpeh après une visite durant laquelle il a rencontré les principaux dirigeants dont le président Hu Jintao. Il s'agissait des premiers contacts à ce niveau depuis la sécession de fait de Taïwan en 1949.

La décision d'offrir deux pandas aux "compatriotes de Taïwan" a été annoncée par Chen Yunlin, directeur pour Taïwan du Parti communiste, au nom du Comité central et du Conseil d'Etat, a précisé Chine Nouvelle.

L'annonce du don de ces deux pandas était largement attendue à Taïwan où les responsables taïwanais se disputaient déjà pour savoir comment nommer les deux animaux. La porte-parole du parti nationaliste Cheng Li-wen proposait "He He" et "Ping Ping" qui, accolés, signifient "paix".

Reste qu'un responsable taïwanais a affiché mardi une certaine prudence. Lee CHing-lung, directeur du Conseil de l'Agriculture, a précisé que seuls les instituts de recherche seraient habilités à faire une demande pour recevoir ces animaux protégés mais des zoos pourront également en faire la demande. Lee a également souligné que les deux pandas devront satisfaire aux inspections sanitaires et aux exigences de quarantaine imposées aux animaux importés.

Ce n'est pas la première fois que Pékin propose de partager ses précieux plantigrades. Mais il y a quelques années, Taïpeh avait refusé, craignant un cadeau empoisonné, dissimulant un projet de réunification.

Sources : AP, Agence Chine nouvelle / 新华通讯社

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