Nucléaire : la nouvelle provocation de la Corée du Nord suscite des cris d'alarme

Publié le par Louis Selapa

Corée du Sud, Etats-Unis et Japon ont vivement réagi jeudi à la nouvelle provocation de la Corée du Nord qui a triomphalement annoncé la veille avoir franchi une nouvelle étape dans la fabrication de bombes atomiques. Le régime stalinien a annoncé mercredi qu'il avait achevé l'extraction d'un de ses réacteurs de 8 000 barres de combustible irradié, produit de base pour la fabrication de bombes atomiques. Selon les experts, cette quantité pourrait être suffisante pour produire six armes nucléaires.

"Notre préoccupation est extrêmement forte", s'est inquiété le porte-parole du gouvernement japonais, Hiroyuki Hosoda, au cours d'une conférence de presse. "Le fait qu'ils aient fait fonctionner le réacteur est un gros problème en soi. Cela prouve qu'ils ne cherchent pas à générer de l'énergie mais à obtenir du plutonium", a-t-il ajouté.

Les crayons de combustible ont été extraits de la centrale nucléaire expérimentale de 5 mégawatts (cinq millions de watts) de Yongbyon, à 90 kms au nord de la capitale Pyongyang. Ce complexe avait été gelé en vertu d'un traité bilatéral avec les Etats-Unis signé en 1994, devenu caduc quand Washington a révélé, en octobre 2002, que Pyongyang avait démarré un programme d'enrichissement d'uranium, en violation de l'accord.

Tokyo "appelle fermement (la Corée du Nord) à abandonner" son projet nucléaire, a poursuivi le porte-parole nippon. Il a estimé que "des discussions seraient plus efficaces" que d'en arriver à l'extrémité envisagée par Tokyo et Washington de porter le dossier devant les Nations unies.

Washington a également souligné mercredi la nécessité d'une "diplomatie vigoureuse pour ramener la Corée du Nord aux discussions". "Mais quant à savoir comment y parvenir exactement, nous laissons cela aux Chinois", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher.

La Chine, fidèle alliée de Pyongyang, a rejeté cette approche : "Les faits ont prouvé que les pressions n'aide pas à une solution mais ne font que compliquer davantage la situation", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kong Quan, ajoutant : "Le plus important pour le moment est que la Corée du Nord et les Etats-Unis envoient plus de signaux positifs".

La Corée du Sud a appelé son voisin du Nord à "immédiatement revenir à la table des négociations et discuter, plutôt que de retarder le dénouement de la crise nucléaire en prenant des mesures qui ne servent à rien", a déclaré le vice-ministre sud-coréen de l'Unification, chargé des relations avec le Nord.

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-Moon, a fait part de ses "graves inquiétudes face à une situation détériorée". "Je pense que la Chine, la Russie, les Etats-Unis et le Japon ont tous de graves inquiétudes", a-t-il ajouté.

"Si la Corée du Nord effectue un essai nucléaire, elle en ressortira entièrement isolée", a-t-il averti. L'ambassadeur des Etats-Unis au Japon, Thomas Schieffer, a déclaré mercredi croire à son tour que la Corée du Nord préparait un test.

La dictature nord-coréenne, qui avait le 10 février affirmé qu'elle possédait l'arme nucléaire, disposerait d'environ déjà six bombes atomiques, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), mais ne l'a jamais prouvé par un test.

Pyongyang refuse de poursuivre des négociations visant à lui faire renoncer à ses ambitions nucléaires, en présence des deux Corées, de la Chine, des Etats-Unis, de la Russie et du Japon.

"Il est évident que nous nous acheminons vers une crise très grave", souligne Jun Bong-Geum, responsable de l'Institut pour la paix et la coopération, basé à Séoul. Mais "l'Histoire montre que les négocations ne sont efficaces que quand il y a une crise", ajoute-t-il.

Source : AFP

Publié dans Nouvelles de Corée

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