Nouveau "couac" entre le Japon et la Chine

Publié le par Louis Selapa

Plusieurs ministres japonais ont vivement dénoncé mardi l'annulation la veille par la Chine de discussions prévues à Tokyo, réclamant des excuses et accusant Pékin de manquer de tact diplomatique.

De son côté, venant confirmer les spéculations, Pékin a expliqué son geste par sa colère envers l'attitude de Tokyo sur la récurrente affaire du sanctuaire Yasukuni : l'agence Chine nouvelle a critiqué le Premier ministre nippon, qui a récemment dit ne pas voir pourquoi il arrêterait son pélèrinage annuel dans ce sanctuaire très contesté, dédié aux victimes de guerre japonaises, que ses détracteurs considèrent comme une glorification du passé militariste japonais.

"Nous sommes très mécontents que les dirigeants japonais aient fait à répétition des remarques négatives à l'améliorations des relations pendant la visite au Japon de Mme Wu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise Kong Quan.

On craignait que l'annulation de la rencontre prévue entre le vice-Premier ministre chinois Wu Yi et le chef du gouvernement nippon Junichiro Koizumi ne vienne rallumer les tensions qui ont dégénéré en violentes manifestations anti-japonaises en Chine le mois dernier.

Ces entretiens étaient censés clôturer le séjour japonais de huit jours de Wu, première visite d'un haut responsable chinois au Japon en plus d'un an. Leur brusque annulation a été expliquée par les affaires intérieures urgentes appelant le responsable chinois, mais Koizumi s'en est étonné.

"Il n'y a pas eu un mot d'excuses", a dénoncé pour sa part mardi le chef de la diplomatie japonaise Nobutaka Machimura, mettant en cause la rudesse du comportement chinois.

Ce nouveau "couac" malheureux intervient alors que Pékin et Tokyo cherchent à apaiser leurs relations, échangeant visites de bonne volonté ces derniers temps.

Les émeutes anti-japonaises du mois dernier étaient liées à l'agression japonaise pendant la Seconde guerre mondiale et au refus actuel de Pékin de voir Tokyo obtenir un éventuel siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le sanctuaire shinto Yasukuni est notamment dénoncé car y reposent les restes de six criminels de guerre de la deuxième guerre mondiale, dont le Premier ministre de l'époque Hideki Tojo.

Source : AP

Publié dans Nouvelles de Chine

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