ONU : Pékin veut bloquer toute réforme permettant l'entrée du Japon

Publié le par Louis Selapa

Opposée à l'entrée du Japon dans le club restreint des membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, la Chin a réitéré vendredi son opposition à l'initiative du groupe de quatre pays (G4) candidats, qui comprend aussi le Brésil, l'Inde et à l'Allemagne. "La réforme du Conseil de Sécurité est une question d'importance majeure qui concerne les intérêts immédiats de tous les pays. Elle doit faire l'objet de discussions approfondies et transparentes et d'accords unanimes", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kong Quan.

Une telle unanimité est nécessaire "afin que les Nations Unies puissent affirmer leur autorité et jouer un rôle efficace" ainsi que "pour maintenir l'unité parmi les pays membres", selon un communiqué de M. Kong posté sur le site internet du ministère. A New York, l'ambassadeur chinois aux Nations Unies, Wang Guangya, avait qualifié jeudi de "dangereuse" l'initiative du G4 car, a-t-il estimé, "elle divisera la maison, détruira son unité et fera dérailler tout le processus de discussion sur les grandes réformes de l'Onu".

Le G4 est pour un élargissement du Conseil à 25 membres contre 15 actuellement avec six nouveaux membres permanents, dont deux pays africains désignés ultérieurement. La Chine partie des cinq membres permanents actuels du Conseil, avec les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. M. Wang a indiqué qu'il était plus favorable à une autre proposition d'élargissement d'un groupe de pays comprenant des rivaux régionaux des membres du G4 et dénommé "Unis pour un consensus".

Cette proposition, défendue notamment par l'Italie, le Pakistan, le Mexique, rivaux respectifs de l'Allemagne, de l'Inde et du Brésil, prévoit elle aussi un élargissement à 25 membres mais sans nouveau siège permanent, les dix sièges nouveaux étant tous non-permanents. Durant les deux derniers mois, la Chine avait exprimé son soutien pour que le Brésil, l'Allemagne et l'Inde jouent un plus grand rôle à l'ONU, mais s'était opposée aux prétentions du Japon, arguant que Tokyo ne s'amende pas avec suffisamment de sincérité pour son passé impérialiste.

La récente autorisation par Tokyo d'un manuel d'Histoire jugé révisionniste en Chine, qui a fait descendre des dizaines de milliers de manifestants anti-japonais dans les rues de Pékin, Shanghai (est) et Shenzhen (sud) au mois d'avril, est venu alourdir le climat entre les deux géants asiatiques. De nombreux protestataires avaient clamé à cette occasion leur refus de voir accéder le Japon au statut de membre permanent du Conseil, que la Chine est depuis 1945 le seul pays d'Asie à détenir. En dépit des obstacles, Tokyo n'a pas voulu baisser les bras vendredi.

Le Japon "va encore essayer de parler avec les Chinois pour obtenir une meilleure compréhension et leur soutien", a expliqué le porte-parole des Affaires étrangères Hatsuhisa Takashima. Selon le directeur adjoint du département des relations internationales de l'Université de Pékin, Niu Jun, l'opposition au Japon est pour Pékin moins importante que l'appel à l'unité de l'ONU. "La Chine ne veut pas que la réforme de l'ONU devienne un sujet de divisions, c'est pourquoi nous demandons plus de consultations et de débats", a expliqué l'universitaire chinois.

Le gouvernement chinois "voudrait également que les pays en développement soient davantage représentés au sein du Conseil de Sécurité", a ajouté M. Niu. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a pour sa part indiqué qu'un consensus pourrait être difficile à atteindre. "Idéalement, un consensus est ce à quoi nous devons tendre, mais si cela devait échouer et qu'il y a un large accord, il faudra organiser un vote", a-t-il dit.

Source : AFP

Publié dans Nouvelles de Chine

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