Crise nucléaire nord-coréenne : la voie diplomatique poursuivie

Publié le par Louis Selapa

Source du dessin : Brian Adcock, The Prague Post, République tchèque

Séoul et Washington ont souligné lundi leur volonté de poursuivre sur le chemin de la diplomatie en vue de désamorcer la crise nucléaire nord-coréenne, rejetant implicitement des appels à un durcissement face au refus du Nord de négocier. "Grâce à ces efforts (diplomatiques), je ferai de mon mieux pour mettre au point un règlement pacifique de la question nucléaire nord-coréenne et pour vous débarrasser de toute inquiétude", a déclaré le président sud-coréen Roh Moo-Hyun, s'adressant à la population, lors d'un discours prononcé à l'occasion du Jour du Souvenir, en l'honneur des morts de la guerre de Corée (1950-53).

Cette déclaration intervient quelques jours avant le sommet, vendredi à Washington, entre M. Roh et le président américain George W. Bush. Des discussions ministérielles entre le Nord et le Sud doivent de plus reprendre le 21 juin, mettant fin à une interruption de près d'un an.

Les déclarations du chef d'Etat ne sont pas nouvelles, mais elles prennent un relief particulier au moment où se font de plus en plus ressentir les pressions en vue d'un sévérité accrue vis-à-vis du régime nord-coréen qui refuse depuis l'automne dernier de revenir à la table des négociations internationales sur ses programmes nucléaires militaires.

Un haut responsable américain de la Défense a déclaré dimanche à Singapour que Washington prendrait "probablement dans les prochaines semaines" une décision sur un éventuel recours au Conseil de sécurité, une instance habilitée à imposer des sanctions. Cette déclaration a cependant été contredite par le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. "Je ne vais pas entrer dans ce genre de considérations. Le président (Bush) a parlé. La secrétaire d'Etat (Condoleezza Rice) a parlé. J'ai parlé. Nous disons tous la même chose. Il n'y a pas de problème là-dessus", a-t-il dit lors d'une visite à Bangkok.

M. Rumsfeld a assuré que la politique des Etats-Unis n'avait pas changé et qu'ils continuaient à réclamer la reprise des négociations multipartites. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait elle aussi jugé dimanche prématuré de dire que les Etats-Unis prendraient bientôt une décision sur la saisine du Conseil de sécurité. "Les Etats-Unis examinent en permanence ce qu'ils doivent faire. Je pense que c'est s'avancer un peu que de dire que nous allons prendre une décision dans un sens ou dans l'autre dans quelques semaines", a-t-elle déclaré. "Le Conseil de sécurité est toujours une option", a-t-elle cependant ajouté.

Le porte-parole du Pentagone, Larry DiRita, a dit lundi à la presse que "personne n'envisageait un calendrier. La politique est à la diplomatie, aux discussions à six", a-t-il affirmé en évoquant le dialogue entre les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon. Selon plusieurs observateurs, les Américains commenceraient à perdre patience face au refus persistant du Nord de revenir à la table des négociations. Les efforts diplomatiques paient, a cependant assuré le Japon. "Il semble que la Corée du Nord soit en train de répondre aux approches des autres nations", a affirmé le porte-parole du gouvernement nippon, Hiroyuki Hosoda.

"Nous en sommes au stade important où nous devrions reprendre immédiatement les négociations à six", a-t-il ajouté, notant que le ton employé par Pyongyang s'est nettement radouci depuis que, dans une déclaration la semaine dernière, le président Bush a donné du "Monsieur" en parlant du numéro un nord-coréen Kim Jong-il. "C'est très important", a estimé M. Hosoda au cours d'une conférence de presse.

Source : AFP

Publié dans Nouvelles de Corée

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