Le Japon et la Corée du Sud ne parviennent pas à se réconcilier

Publié le par Louis Selapa

Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi et le président sud-coréen Roh Moo-Hyun n'ont pas réussi à raccommoder les relations bilatérales lors d'un sommet à Séoul dominé par les contentieux historiques. La rencontre a duré deux heures, dont une heure et cinquante minutes consacrée à l'histoire contemporaine des deux nations. Elle s'est achevée sans résultat concret.

"Le dialogue a été ouvert, franc et sincère et a porté sur les perceptions et les opinions de chacun. Mais il n'y a pas eu d'accord malgré les efforts de compréhension mutuelle", a déclaré le président Roh.

De son côté, le Premier ministre nippon a évoqué un "échange d'opinions franc sur le passé, le présent et l'avenir de nos relations bilatérales".

Les liens se sont dégradés en mars dernier lorsque l'adoption par une assemblée locale nippone d'un décret affirmant la souveraineté du Japon sur des îlots sud-coréens a déclenché de vives protestations de Séoul.

Puis, à l'instar de la Chine, la Corée du Sud, colonisée par les Japonais entre 1910 et 1945, a très mal accueilli la réédition d'un manuel d'histoire scolaire nippon accusé de minimiser les atrocités commises par le Japon contre ses voisins asiatiques.

Enfin, les Coréens sont très irrités par les pélerinages annuels de M. Koizumi au sanctuaire shintoïste du Yasukuni à Tokyo qui honore les âmes des 2,46 millions de Japonais morts pour la patrie, parmi lesquels figurent 14 criminels de guerre "de catégorie A" condamnés par les Alliés après 1945.

Le président Roh a assuré que son interlocuteur lui avait promis d'envisager la construction d'un monument de susbtitution au sanctuaire du Yasukuni.

Mais M. Koizumi a démenti que la question d'un nouveau mémorial ait été même évoquée : "Le sujet n'a pas été abordé", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement japonais a souligné qu'il était impossible de remplacer le sanctuaire.

Il a toutefois pris acte du voeu du président Roh, qui souhaite que M. Koizumi mette fin à ses pélerinages, même si le dirigeant sud-coréen n'a pas formulé de demande directe.

M. Koizumi a répondu que ses visites au sanctuaire avaient pour but de rendre hommage à "des morts jetés dans la guerre contre leur volonté" et qu'il se rendait sur le site "avec la ferme détermination" de ne pas refaire la guerre.

Les deux dirigeants ont décidé de mettre en place un groupe d'étude conjoint chargé d'examiner les questions historiques bilatérales et destiné à "approfondir notre compréhension mutuelle", a précisé M. Koizumi.

Son déplacement intervient dans un contexte des plus tendus, comme l'ont montré des manifestations hostiles - mais limitées - organisées peu avant l'atterrissage de son avion.

Des drapeaux japonais ont été brûlés à l'extérieur de l'ambassade nippone à Séoul. "Nous accusons le Premier ministre Koizumi d'être à l'avant-garde de la résurrection du militarisme japonais qui entraîne l'Asie vers un nouveau conflit", a déclaré un organisateur.

Les deux dirigeants avaient convenu l'an dernier de tenir des sommets informels tous les six mois.

Le dernier sommet remontait au 17 décembre dernier au Japon, alors que les relations bilatérales traversaient une embellie. Ce sommet avait notamment abouti à l'augmentation du nombre de liaisons aériennes reliant l'Archipel à la Corée du Sud.

Mais les récentes frictions ont ruiné les chances de faire de 2005 "l'année de l'amitié" pour marquer le quarantième anniversaire de la signature du traité de normalisation des liens diplomatiques entre Séoul et Tokyo.

Une note positive a toutefois été enregistrée sur la crise nord-coréenne, les deux parties appelant à une reprise rapide des pourparlers multilatéraux - "la meilleure solution pour résoudre la crise" - et s'engageant à coopérer avec les Etats-Unis.

Source : AFP

Publié dans Nouvelles de Corée

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