De Canton à Zunyi / 从广州到遵义 1/2

Publié le par Louis Selapa

Prendre le train en Chine c’est tout une aventure… surtout quand on le prend seul.
Ce qui m’impressionne le plus, c’est tous ces regards qui se tournent vers moi. Comme si j’étais un aimant pour yeux. En fait, c’est une habitude à prendre. Je l’avais à Pékin et je sens bien que je l’ai perdu. Faut juste attendre que ça me revienne…!
Prendre le train donc. Je m’étais tellement bien préparé que je suis arrivé une heure en avance. J’ai donc atterri dans un restaurant à côté de la gare et j’ai mangé quelques jiaozi. De quoi rester assis en attendant et de quoi faire passer quelque chose après l’alcool d’hier soir.
 
 
Ensuite, j’ai fait la queue pour rentrer dans la gare. J’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les Chinois se bousculent autant et ne font jamais la queue dans l’ordre mais là, comme d’habitude, c’était un vaste bordel. Pour me fondre dans la population j’ai donc fais comme eux et j’ai poussé en avant.
Ensuite commence les choses intéressantes : entrée dans la gare. Et là, je plains celui qui ne lit pas le chinois. J’ai pris, comme affiché, la direction du 2ème étage, salle d’attente n°3.
Après, il a fallu entrer dans la salle d’attente. Là, il y avait une foule monstrueuse qui sortait de l’endroit où je voulais aller… Bref, comme un bon Chinois, comme si de rien n’était, j’ai foncé dans le tas en essayant de remonter le courant.
 
Et là : salle d’attente. Il faut s’imaginer une salle d’attente style aéroport mais au moins 5 fois plus vaste. Avec de tout par terre (bouteilles vides, peau de bananes… etc.). Plus une cohue autour d’un agent qui gueulait dans un mégaphone.
Je me suis posé (car plus de places) dans la salle d’attente en attendant (!) qu’ils ouvrent les portes et c’est seulement au bout de cinq minutes que j’ai enfin compris ce que gueulait l’agent dans son mégaphone. Elle vendait des billets pour monter dans le train avant tout le monde (de quoi s’installer calmement en fait). Et ça gueulait dans tous les sens…
Finalement plus de billets. L’agent se barre. On attend encore 10 minutes et là y’a la salle entière qui se lève. Faut vraiment le vivre pour comprendre. Peut-être plus de 500 personnes qui se lèvent d’un coup. Je crois qu’un train chinois fait 1000 personnes d’ailleurs. Impréssionnant.
Là, j’ai encore eu le droit au coup de la queue chinoise. Bref, vaste cohue. On traverse comme un immense troupeau de mouton une autre salle d’attente (le train pour Pékin), on prend un souterrain et on débarque sur le quai.
Scène dans le souterrain : Un vieux paysan, fagot sur le dos qui s’adresse à un militaire (habit vert, très grand, posé là pour canaliser la foule). Le paysan devait demander son chemin. Le militaire a répondu à la façon « Capitaine Haddock fâché contre les Duponds ». Le paysan aurait eu un chapeau qu’il se serait envolé vu la force de la réponse. J’ai jamais entendu de ma vie un « c’est tout droit ! » prononcé d’une façon aussi autoritaire. Le pauvre paysan a pas demandé son reste et est revenu droit dans notre troupeau. La comparaison est bonne : c’était un chien de berger qui venait d’aboyer pour remettre un mouton égaré dans le troupeau.
 
 
Bref, débarqué sur le quai, il ne suffit plus que de retrouver le wagon et là, la paix est enfin atteinte. Et la clim du train aussi…
 
En tout cas, prendre un train en Chine et surtout faire un tel parcours dans une gare est une expérience vraiment hors du commun pour un occidental comme moi.
Je ne pense pas qu’on puisse imaginer sans l’avoir connu, mais il faut s’imaginer une foule immense, monumentale. Et tout ça avec des gens qui courent, qui transpirent et qui vous bousculent le plus naturellement du monde. Et tout ce monde qui vous regarde…
 
Impressionnant. Tout simplement impressionnant.
 

Commenter cet article